La cape ratée ou comment surmonter le #FailCouture

Aujourd’hui nous allons aborder ce que j’appelle le #CoutureFail. Non ne partez pas ! Je sais que vous le connaissez aussi. C’est obligé, si vous aimez faire des choses avec vos mains. Ecoutez plutôt  et voyez si vous vous y retrouvez. Vous y avez mis tout votre coeur, vous avez innové, suivi les conseils et… c’est raté. Et du coup vous ne la/le porterez/utiliserez jamais. Il/Elle restera dans votre placard jusqu’à votre prochain tri (soit d’ici 10 ans, quand il/elle sera mangé(e) aux mites). Et vous regretterez les 40 euros dépensés pour un joli tissu de qualité. Et au passage vous vous sentirez nulle/nul. Je suis loin ou pas ? Mais plus important, est-ce incurable ? On va voir ça tout de suite.

Les symptômes du mal

Bon allez je me lance. Jusqu’ici je l’avoue, je n’ai posté sur ce blog QUE des réalisations dont j’endosse pleinement la maternité. Oui, je suis très fière de ma robe Autant en Emporte le Vent et j’en parle avec fierté. Oui avoir créé ma robe de mariée m’a rempli de joie et je suis très contente d’avoir pu la montrer au monde entier (mégalo moi ? Pas du tout). Mais vous vous en doutez surement, ce n’est pas le cas de toutes mes réalisations. Je ne vous ai montré que la partie la plus glamour de ma collection.

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Confession : voilà ce que je vise… mais souvent, ce que je fais est moins bien

Déjà dans le cas de ces 2 créations dont je viens de parler, si je les examine deux secondes, je me dis que j’aurai pu faire mieux, qu’elles ne sont pas aussi belles que les exemples que je vois dans les magazines (et encore là je sais que tout est faux) ou pire sur Pinterest, réservoir infini de frustration avec ses clichés léchés à l’extrême. Il faudra que je revienne un jour sur ce thème d’ailleurs. Un jour.

Et ce sont des émotions néfastes. Elles peuvent m’empêcher de créer pendant des jours entiers. Tant que je n’aurai réussi à passer au-delà, elles vont me ronger de honte et entretenir une mauvaise estime de mon travail.

Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas et que vous aussi vous souffrez seul(e) dans votre coin. C’est même criant quand on le constate chez les autres.

Moi qui ne connais rien à la potterie, j’avais du mal à en croire mes oreilles quand une de mes amies me montrait ses modèles « ratés » (big up Isa ;-). Pour moi ils étaient géniaux. Et adorables. Je ne voyais même pas les petits couacs qui l’obsédaient. Pourtant je voyais l’effet que ces ratés avaient sur l’estime porté à son travail.

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Je ne sais pas si cela vous arrive à vous aussi, mais j’ai beaucoup de mal à finir un projet. Surtout si je me persuade que le résultat ne sera pas assez bien selon mes critères. Je préfère souvent le laisser au placard plutôt que de le finir et d’être déçu du résultat (#Weirdo).

Bon mais parlons des projets que je finis réellement. Et prenons un cas concret. L’hiver dernier, j’ai voulu réaliser l’objet de mes fantasmes depuis de longues années : une cape.

Le cas de la cape verte…

En soit, le vêtement est peu pratique : à la fois trop léger pour l’hiver avec ses ouvertures en veux-tu en voilà et trop chaud pour l’été. Il n’est généralement pas fait pour la pluie et on a les bras sérieusement entravés une fois qu’on l’a sur le dos. Donc pas idéal pour le printemps ni l’automne non plus.

Mais quand même, c’est joli non ? Ah oui et puis aussi, certaines longueurs ne pardonnent pas aux hanches généreuses, donc c’est à prendre en considération.

Bref, laissant toutes ces considérations de côté, je me suis lancée dans l’entreprise. C’est aussi ça le charme de la couture : créer du futile juste pour soi.

Bonus, me dis-je, la création d’une cape est censée être facile. Un bon truc de débutant. Voici quelques étapes de sa construction :

Et voici le projet terminé (oui j’avais encore les cheveux longs à l’époque) :

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Vous aimez ? Et bien moi pas vraiment. Je la trouve affreuse sur moi : elle me fait des épaules de déménageur et une silhouette façon culbuto. Si bien que je ne l’ai JAMAIS portée malgré les heures de travail. Dommage non ?

Alors maintenant on fait quoi ? Et bien voilà comment je propose de résoudre le problème.

Ouf, il existe des solutions

Bon déjà je ne pense pas être totalement guérie du phénomène. Mais voici quelques pistes qui vous seront utiles je l’espère.

  1. Relativiser / se faire une raison : oui certain (beaucoup) sont (ou paraissent) meilleurs que vous. Mais cela ne doit pas vous arrêter. Au contraire, appuyez-vous sur cette frustration pour aller de l’avant. Ce projet était trop dur ? Retenez la leçon pour la prochaine fois, vous ferez plus facile. Peut être plus tard pourrez-vous retenter. Et mettez vous dans le crâne que même les bloggeuses les plus successful sont frustrées par les créations devant lesquelles je, vous, nous nous extasions. C’est juste qu’ils ne nous le disent pas forcément.
  2. Demander de l’aide sur un forum spécialisé. Je le dis souvent mais je dois avouer que ça marche. Bon dans mon cas j’ai rarement l’occasion car j’aime trop le lastminute.com mais en vrai cela vous décoincera souvent. Pas besoin d’écrire un roman, quelques photos avec un texte d’explication vous aideront à attirer l’attention sur le problème pour chercher des solutions. La mine d’or pour ce genre de chose est Facebook : les « sew along » « bra making forum » sont mes nouveaux alliés. Il en existe de nombreux autres en Français. Outre les commentaires positifs qui vous redonneront de l’espoirs, certaines réponses techniques vous aideront à trouver la solution pour aimer votre « bébé ».
  3. Se forcer à porter ce que l’on a créé. Pourquoi pas avec une petite soirée à thème si c’est un vêtement particulier ? Ou alors en demandant un conseil à votre meilleure amie fashionista ? Bref forcez un peu le destin.
  4. Ecrire un blog. Ok bon ça c’est l’étape extrême. Mais ça marche pour moi. Me dire que ce que je créé sera vu, lu par vous, mes chers lecteurs et lectrices, me chatouille agréablement l’ego et me pousse à relativiser. Les commentaires que vous me laissez me poussent à être vigilante aussi. A trouver des solutions. A faire toujours mieux.

Pour revenir à notre histoire de cape, en demandant sur un forum, j’ai eu l’idée de créer un pli dans le dos, pour affiner un peu l’ensemble. Et c’est mieux. Il me lui manque plus aujourd’hui qu’une petite passementerie pour qu’elle soit enfin mettable…

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Alors on y croit, dès qu’Halloween sera passé je m’y met et je la porte. Car ici à San Francisco il commence tout juste à faire froid alors on y croit !

#WishfullThinking vous voyez j’ai encore du chemin à faire….

Et vous, comment faites-vous pour assumer toutes vos créations même les plus monstrueuses ?

Pour traiter le problème (oui un blog est aussi un peu sa propre thérapie, j’en suis persuadée) je pense créer une nouvelle rubrique spécialement dédiée aux #couturefail. Cela vous intéresserait ?

4 commentaires Ajoutez les votres
  1. Une rubrique « Couture fail » peut être intéressante ! On apprend beaucoup de nos erreurs, et c’est comme ça qu’on avance…
    Effectivement le tombé est plus élégant avec le pli dans le dos. Une autre astuce : ce serait de faire un pli plat sur une 20aine de centimètres en haut du dos et de le laisser s’ouvrir… (je ne sais pas si c’est clair).
    Concernant la cape, c’est un vêtement que j’aime porter en hiver, mais il faut avoir quelques accessoires compatibles (un sac pas trop gros, des gants bien chauds, un pull qui va bien -quitte à le retirer peu après la cape-).

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