Pour la journée des droits de la femme, visitez l’expo « Tenue correcte exigée »

En cette belle journée des droits de la femme qui coïncide avec la Fashion Week parisienne, j’en profite pour revenir sur une expo à voir pour se persuader que 1 : le combat de « je mets ce que je veux et je t’em**** » ne date pas d’hier et que 2 il n’est pas vraiment terminé non plus. Quoi ? Comment ? De quelle expo parles-tu? Mais de « Tenue correcte exigée : quand le vêtement fait scandale » aux Musée des Arts Décoratifs bien sûr ! Oui je sais, des expos de vêtements vous en avez fait beaucoup déjà. Parfois elles vous ont même ennuyé, avouez-le. Mais pas celle-ci, je vous assure. Drôle, didactique, bien rythmé : on pourra y aller avec sa copine féministe aussi bien que son mari traîné de force ou son minot de 10 ans. C’est partie pour la visite !

Non je ne vais pas vous proposer des réductions sur de la lingerie ou une épilation gratuite. Aujourd’hui pour la journée des droits des femmes (J’ai raccourci un peu ça faisait trop long) on parle libération de l’image du corps à travers les vêtements. C’est paradoxal ? Attendez de lire pour voir.

Je vous emmène à l’expo « Tenue Correcte Exigée » au Musée des Arts Décoratifs jusqu’au 23 Avril

Personne n’est jeune après 40 ans mais on peut être irrésistible à tout âge

On commence l’expo sur ces lignes de mademoiselle Chanel et ça donne le ton. L’ex modiste a envoyé valdinguer les corsets en son temps donc respect.

Car oui, avant d’être des « classiques » on oublie souvent que les Coco, Alexander McQueen, Jean Paul Gautier et autres consorts ont défrayé la chronique par leur style novateur et (souvent) choquant.

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une incroyable robe insecte par Thierry Mugler : perso j’adore

Ce n’était pas les premiers, of course, et l’expo puise dans ses superbes collections de vêtements d’époque (jusqu’au XVIème siècle) pour nous montrer qu’en tout temps il y a eu des rebelles de la frippe.

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Trop court, trop long, trop transparent…

Il semblerait que pour le coup, l’habit fasse bien le moine et que l’on soit depuis longtemps jugé sur nos choix vestimentaires. Surtout quand on est une femme, mais pas que. Jusque là, rien de bien original mais ça peut aller très loin : officiellement, Jeanne d’arc n’a-t-elle pas grillé sur un bûché pour avoir renfilé ses habits d’homme ?

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Au XIXème, on porte facile 4 à 5 tenues différentes par jour, et gare à celle qui s’écarte du code !

L’éclair de génie de cette expo, c’est de rapprocher les culottes bouffantes du XVIème siècle et le pantalon baggy des années 2000. Le rapport ? Et bien le scandale pardis ! On a beau vous dire que quand Agnès Sorel s’est mise à porter des décolletés pigeonnants, ça a fait scandale, on a du mal à se rendre compte aujourd’hui.  Alors qu’en mettant les situations en parallèles à travers le temps, l’expo nous permet de mieux nous mettre à la place des contemporains qui jugèrent une tenue.

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Dans la même vitrine : une robe empire (trop transparente), une robe XVIIIème (trop décolleté) et une robe moderne (trop basse sur la chute de rein)
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Juste après la Révolution Française, les « merveilleuses » portent des robes moulantes et sans corset si fine que…. les caricaturistes s’en donnent à coeur joie !
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ça c’est du décolleté de diou ! Ainsi qu’en atteste le portrait juste derrière, on était semble-t-il moins timide du téton. Je précise tout de même que la robe ne se portait pas à même la peau mais avec corset, chemise, fichu de modestie et tout le tralala

Aujourd’hui le sweat à capuche n’a pas bonne réputation : débrayé, banlieu, délinquance… On va dire que vos grands mères ne le tiennent pas en odeur de sainteté (sauf toi, Mamie, mais je sais que tu es très moderne !). Et bien figurez vous que c’était déjà le cas au Moyen Age : elle est interdite au XIVème siècle par Charles VI qui y voit un moyen trop facile pour se dissimuler.

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les robes des « garçonnes » des années 20/30

L’expo propose à chaque vitrine 2 illustrations pour comparer le « style officiel » avec la robe ou le vêtement « scandaleux ». Et c’est tout de suite plus clair…

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Les tenues de chasses, seule occasion de s’habiller de façon plus masculine (et donc souvent plus pratique, moins salissant)

On utilise tous ses sens durant l’exposition avec, en entrant, des enregistrements de persiflages sur les vêtements :  » non mais comment est-elle habillé celle-là », « vise un peu la tenue de celui-ci » …

Et aujourd’hui me direz-vous ? Et bien notre cher président des Etats Unis vient d’en remettre une couche en insistant sur le protocole vestimentaire à la maison blanche alors on va dire qu’on n’est pas vraiment sorti(e)s de l’auberge…

Et vous, quel vêtement scandaleux voudriez-vous porter ?

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1. Une robe à corset très serré
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2. Une énoooorme crinoline
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3. Une robe dyforme
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4.Une robe ultra moulante (ici de Madame Grès)
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5. Des talons délirants portés à Venise au XVIIIème siècle
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6. Une « robe volante » du XVIIIème, ultra large
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7. Une des robes transparentes de Joséphine de Beauharnais

*les dernières photos viennent du musée Galliera « Anatomie d’une collection » et du musée des arts décoratifs (leur précédente expo « fashion forward » sur l’histoire de la mode)

Plus d’expo ? Allez voir mon article sur Jean Paul Gaultier 

Plus d’histoire de la mode ? Une chronologie très intéressante du Musée des arts décoratifs 

Vous connaissez d’autres vêtements scandaleux que vous aimeriez porter ou que vous détestez ? On en parle dans les com’

La bise

Alicia

6 commentaires Ajoutez les votres
  1. Merci pour ton retour sur cette expo…
    J’aime beaucoup les expos du Musée des Arts décoratifs, en général elles sont très pointues tout en restant accessibles ! Celle-ci semble ne pas déroger à la règle. Je ne suis pas sure de pouvoir y aller, par contre, je vais faire circuler l’info auprès des amateurs de mode autour de moi !

    1. Ah ah nice ! Anatomie d’une collection(Galliera, si c’est encore ouvert) ou les robes de Joséphine a la mal maison ça avait l’air pas mal aussi. Tant qu’a monter 😉

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