Choucroute à la Marie Antoinette, maquillage & cie version XVIIIème

Si je vous dis « coiffure XVIIIème » vous pensez cheveux longs, 10h de coiffure et 10 000 produits nécessaires pour que le chapiteau tienne? On va voir comment faire tout l’inverse ! Et puis tant qu’on y est, on parlera confort dans un corset et chaussures assorties. Après vous avoir montré le look dans cet article puis expliqué comment faire la robe dans celui-là, aujourd’hui on rentre dans les détails avec la coiffure, le maquillage et les accessoires. Si vous êtes suffisamment patient, vous me verrez même en sous-vêtement. Bon ok, en sous-vêtement XVIIIème mais ça compte non ? Ah et puis j’ai bien raté un accessoire, je vous laisse découvrir le lequel…

Choucroute mode d’emploi

Matériel

Je me suis rarement autant amusée à me coiffer, je dois le confesser. Pourtant j’abordais l’exercice avec un peu d’appréhension.

J’ai regardé pas mal de tuto et d’articles auprès des pros. Ça avait l’air complex avec 30 produits à se mettre dans les cheveux et 3h de travail peigne à la main pour espérer arriver à un résultat potable…

Mais en fait non, c’était plié en 1h. Perso voilà de quoi vous avez besoin pour réaliser ma coiffure :

  • des épingles (plates et classique)
  • un boudin à chignon ou une chaussette roulée (oui ça marche aussi)
  • des cheveux bouclés (au bigoudis, au fer, les deux marchent)
  • des cheveux bien gras (j’insiste)
  • de la farine
  • de la laque

Pas sorcier hein ? Pas eu besoin de pommade étrange ni d’amidon. Et la coiffure n’était pas douloureuse et a très bien tenu toute la journée (si on fait abstraction de la farine que j’ai un peu éparpillé partout…).

L’inspiration

 

l’inspiration historique: portrait de Mademoiselle de Forges de François Hubert Drouais 1770

Le mode d’emploi

On commence avec des cheveux bien gras, entre 3 jours et une semains sans lavage selon la tendance de vos cheveux à « graisser ».

Ensuite, on les boucle. Ici bigoudis + eau vaporisée + un coup de sèche cheveux.

Après avoir ôté les bigoudis, on se retrouve avec la tête d’une héroïne de Jane Austen

Prochaine étape : la farine. Oui oui celle de votre cuisine. On la saupoudre dans toute la chevelure ce qui donne cette couleur blanc/blond/gris de l’époque

on voit sur les photos que mes cheveux deviennent de plus en plus blanc. On passe bien ses doigts pour défaire les boucles et faire pénétrer la farine

Pour rentrer dans les détails gores, la farine va « tenir » grâce au gras de vos cheveux, sans avoir besoin de pommade dans mon cas. C’est le principe des shampoo secs, les produits chimiques en moins.

On fixe ensuite le boudin sur le haut du crâne avec des épingles. Toujours avec des épingles, on coince les cheveux par dessus en créant une forme à peu près symétrique. On laque bien pour que ça tienne.

Le résultat

 

vue de derrière
Vue de devant

Sur son historicité il y aurait à redire. Une Robe à l’anglaise, on l’a vu dans le précédent article, est plutôt portée à la fin XVIIIème avant et pendant la Révolution Française. A l’époque, les coiffures ressemblent à ça:

 

On veut donc du volume à gogo. Malheureusement ma faible longueur capillaire ne me permettait pas de folies intempestives. Pas de « dragonnes » pour moi, ces grosses boucles lâches qui retombent dans le cou. Mais au final le look général était là je pense.

Le rajout du boudin est d’ailleurs assez proche de ce que ces dames faisaient à l’époque avec des petits boudins de crins.

Le seul vrai faux pas de ma coiffure c’est le manque de chapeau. Une femme de bon ton ne sort pas « en cheveux » dans la rue sans son couvre chef assorti.

Ma coiffure se rapproche du « diadème » qui précède la folie des « poufs » lancés pas Marie Antoinette, mais mes cheveux ne sont pas plats à l’arrière par exemple (pas possible avec ma coupe) et c’est un peu trop fouilli dans l’ensemble pour être parfait.

Coiffure en diadème
Une des nombreuses versions de la coiffure en pouf

Mais ça me plaisait alors zut pour les puristes. Pour être incollable, vous pouvez retourner sur Temps d’élégance pour voir toutes les évolutions de coiffures.

Subtile, le maquillage hein, SUBTILE

De même que les robes, le maquillage dépendait de votre rang tout autant que de l’occasion. Il a aussi évolué dans le temps. Si je suis une marquise sous Louis XV et que je me rends à Versailles, je vais pouvoir charger la dose sur le rouge aux joues. A l’inverse si je suis une bourgeoise parisienne se préparant pour une visite aux jardins des Tuileries sous Marie Antoinette, je veux paraître plus naturelle, avec juste quelques touches pour rehausser le teint, les lèvres ou les yeux.

Sous Louis XV, avec la dose de rouge
Une dame sous Marie Antoinette (donc fin du siècle), beaucoup plus modeste sur le rouge… Jeanne Louise Henriette Campan – femme de chambre de Marie Antoinette, par Mme Vigée Le Brun

Pour vous préparer, lisez cet article de chez Temps d’élégance. Il vous fait relativiser sur la complexité de la chose. De fait, mon maquillage a été bouclé en 2 temps 3 mouvements (20min max) et était très léger:

  • 1 fond de teint 1 ou 2 tons plus clair que ma peau déjà fort blanche (je hais les vrais fonds de teints blanc et pâteux, le résultat est souvent hideux)
  • 1 trait foncé (gris foncé) au ras des cils
  • 1 peu de mascara sur les cils, pas vraiment histo donc ayez la main TRÈS légère
  • 1 crayon marron pour rehausser les sourcils (ça vous pouvez y aller)
  • 1 rouge à lèvre plutôt rouge, appliqué par touche puis étalé sur les joues (ça marche mieux que le blush) et sur la bouche. Là aussi, molo
  • 1 point au crayon pour réhausser un grain de beauté (j’en ai à la pelle, pour une fois, ça sert) ou pour en créer un
Faites la moue, tapotez, voilà, c’est bon, on s’arrête là

Les dessous

Pas de robe XVIIIème digne de ce nom sans un bon nombre de dessous d’époque. Je vous avais déjà parlé de mon corset XVIIIème dans un précédent article. Il a dû subir une petite modification pour qu’on ne voit pas les bretelles :

la bretelle est remplacée par un petit ruban en satin
On lace bien serré , normalement avec une chemise en dessous que je n’ai pas eu le courage de coudre

On rajoute un « Cul de Paris ». Oui, oui, c’est le nom véritable. Une sorte de boudin de hanches pour donner du volume
Et enfin une sous-jupe

and voilà !

Touche finale

Dernière étape: un petit collier en perle! Il est fait à partir d’un collier à 5$ de ma friperie locale auquel j’ai rajouté un ruban.

Le gros Fail : les chaussures

Bon j’ose à peine vous en parler mais for the sake of honesty, je vais quand même mentionner que je me suis complètement foirée sur les chaussures. Voilà ce à quoi ça aurait dû ressembler :

et euh… on va dire que j’étais un peu loin du compte…

ça rendait tellement rien que je n’ai pas eu le courage de finir…

Je me suis inspirée de ces tutos pourtant très encourageant : Venefice et La Costumeuse

Je vous mets quand même quelques étapes. Je pense que le problème venait de la colle qui… ne collait pas. Mais dans l’affaire j’ai sacrifié une de mes pairs (certe vieille) de chaussures préférées… grrrrrr

Revenir au XXIème siècle

Idem, ici j’ai fait la méthode simple. Une fois les épingles enlevées, ça donnait ça :

Bonjour, c’est moi la folle

Après un bon brossage (brosse en poils de sanglier sinon vous allez souffrir) ma salle de bain était couverte de farine…

heureusement pour moi, mon évier est blanc…
Après brossage, les cheveux paraissent propres avec un volume incroyable. Un point pour les astuces XVIIIème où le cheveux n’est pas alourdi par la couche de silicone de nos shampoings actuels… J’ai quand même fini par un bon lavage, mais c’était limite de trop 😉

Voilà les cocos, ceci conclut la série sur ma robe XVIIIème. J’ai pris beaucoup de plaisir à la faire, la porter et vous la raconter. Et vous?

Je pense prochainement commencer une autre robe « à la française » mais entre temps je vais continuer dans le contemporain. J’ai fait une veste à la Hokusai dont j’aimerais bien vous parler.

Je pars cette semaine au Pérou, qui promet d’en mettre plein les yeux en matière de tissus de toutes les couleurs. Si vous voulez suivre mon périple en direct, direction mon Instagram !

Si j’ai le temps de vous préparer ça, la semaine prochaine on rencontre une costumière pro géniale et la semaine d’après on parle philosophie couture…

Commentez si vous avez des questions ou impressions sur ce « projet XVIIIème » !

Pour revoir Le shooting c’est ici, la construction de la robe ici et la création du corset ici

La bise

Alicia

4 commentaires Ajoutez les votres
    1. ah ah merci ! Finalement en y allant à la warrior et sans se prendre trop la tête ça marche aussi. souvent je veux faire beaaaaaucoup trop compliqué. Bon par contre je retrouve encore de la farine dans des endroits improbables. Genre DANS le bouchon du dentifrice lol.

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